Le service de distribution de seringues opère sous le principe de réduction des méfaits, une approche sans jugement qui reconnaît que l’utilisation de drogue existe et qui tente donc de minimiser les dommages et les risques associés à l’usage de drogues par injection. Le service de distribution de seringues fournit du matériel d’injection propre, des informations factuelles et des références vers d’autres services, tout en veillant à ce que les utilisateurs du service soient reconnus et respectés. On encourage également les utilisateurs du service à retourner leurs seringues utilisées en assurant ainsi une destruction appropriée et réduisant les chances d’accidents liés aux seringues. Un contenant pour disposer des seringues offert par Downtown Moncton Centre-ville inc. est disponible à l’extérieur du bâtiment 24 heures par jour et 7 jours par semaine.

 

La nécessité du service de distribution de seringues

 En 2006-2007, 58 utilisateurs de drogues injectables ont été recrutés par SIDA Moncton pour participer à un sondage pour évaluer les besoins et pour guider le développement d’un service de distribution de seringues. Les résultats ont démontré que :

  • 50 % (29 utilisateurs) étaient âgés de 29 ans ou moins.
  • 57 % (33 utilisateurs) s’injectaient quotidiennement.
  • 69 % (40 utilisateurs) réutilisaient leurs seringues.
  • 28 % ne nettoyaient pas leurs seringues du tout.
  • 41 % nettoyaient leurs seringues avec de l’eau ou un agent de blanchiment (aucune de ces techniques ne tue le virus de l’hépatite C).
  • 74 % avaient partagé des seringues et 85% avaient partagé des cuillères, des tampons alcoolisés et de l’eau.

52 des 58 participants se sont fait tester pour le VIH et l’hépatite C. Les résultats ont démontré que :

  • 58 % (30 participants) avaient le virus de l’hépatite C.
  • 4 % (2 participants) étaient séropositifs.
  • 17 % (9 participants) avaient le VIH et le virus de l’hépatite C (co-infection).
  • Presque tous ont dit avoir été infectés en partageant des seringues

On a demandé aux participants comment ils disposaient de leurs seringues utilisées. Les résultats ont démontrés que :

  • 55 % disposaient de leurs seringues dans la poubelle*
  • 31 % disposaient de leurs seringues dans les trous d'homme et conduits pluvial.
  • 5 % disposaient de leurs seringues sur la rue.
  • Seulement 5 des 58 participants disposaient de leurs seringues dans un contenant prévu à cet effet

*En 2010, la Commission des déchets solides Westmorland-Albert avait en moyenne, environ 16 blessures par piqûre de seringues par mois.

Au dire de quelques uns de nos clients:

« Je pense que vous êtes la meilleure chose qui nous soit jamais arrivée. Les gens sont en meilleure santé maintenant. Ils peuvent obtenir des seringues propres et d’autres choses. Même mes veines sont dans le meilleur des états depuis des années. Je connais des gars qui utilisaient la même aiguille 40 ou 50 fois. »
« Je suis très, très satisfait.e avec le service ici. Tout le monde m’a aidé et ne m’a pas jugé. C’est déjà embarrassant d’y aller et on ne veut pas se sentir jugé. Mais tout le monde est super ici et j’aime que c’est privé et confidentiel. »